A partir de 16 h, la grande majorité des personnes détenues travailleuses peut donc accéder au centre scolaire, aux activités sportives ou culturelles (voir La journée d’un détenu).
Trois grandes formes de travail coexistent au sein du CD (I - Le travail au SERVICE GENERAL
Il s´agit de l´ensemble des activités que l´on rencontre dans tout établissement pénitentiaire en vue d´assurer l´entretien tant des personnes détenues que des lieux d´hébergement et de vie collective.
Le Service Général du CD de Muret représente 80 postes de travail affectés à la satisfaction des besoins suivants :
- la restauration
- le nettoyage des locaux communs (couloirs, salles d´activité)
- la gestion des déchets
- la lingerie
- la maintenance technique
- l´entretien des espaces verts intérieurs et extérieurs
Les postes de travail sont répartis en trois «classes» qui correspondent chacune à un niveau de qualification et de rémunération différent. Les rémunérations journalières versées par l´Administration Pénitentiaire aux personnes détenues classées au Service Général sont revalorisées chaque année depuis 2000.
Les taux en vigueur au 1er janvier 2007 sont les suivants :
- Classe 1 : 12,01 €
- Classe 2 : 9,18 €
- Classe 3 : 7,05 €
Il est à noter que sous le régime du Service Général, les cotisations ouvrières et patronales de sécurité sociale sont prises en charge par l’Administration Pénitentiaire.
II - Le travail pour le compte d´entreprises privées au sein d´ateliers de production
(régime de la «concession de main d´œuvre pénitentiaire»)
a) Descriptif
Plusieurs entreprises privées, appartenant à de grands groupes industriels ou de structure plus familiale, emploient des personnes détenues du CD. Une zone industrielle offre une surface déatelier et de stockage de 11 614 m².
En dehors de la RIEP, 7 entreprises sont implantées sur la zone industrielle. Elles occupent des ateliers allant de 375 à 1200 m² qui sont mis à leur disposition gratuitement par le CD à charge pour elles d’importer leur outil de production. C’est ainsi que certains ateliers sont équipés de nombreuses machines outils conventionnelles ou à commandes numériques. Cinq secteurs d´activité sont représentés : l´industrie aéronautique, l´usinage de pièces en aluminium, la fabrication de mobilier urbain, le moulage et façonnage de matières plastiques. Le nombre d´emplois par atelier varie de 15 à 40. L´encadrement de la production est assuré par des contremaîtres civils que chaque entreprise détache au sein du CD.
b) Statut de la personne détenue travailleuse et relation des entreprises privées avec l´AP
En l’état actuel de la réglementation, il ne peut y avoir aucun contrat de travail entre une personne détenue et l’organisme qui l’emploie à l´intérieur d´un établissement pénitentiaire (Article D 103 du CPP).
En revanche, un contrat de droit public dit «contrat de concession de main d’œuvre pénitentiaire» doit être conclu entre l´AP et l´entreprise privée. Ce contrat précise les conditions de mise à disposition et d´emploi des personnes détenues. Il décrit les obligations et responsabilités des parties : modalités d´utilisation des locaux pénitentiaires, organisation de l’activité (horaires de travail, nombre de personnes détenues employées), règles de rémunération et de protection sociale des personnes détenues, mesures d’hygiène et de sécurité du travail.
De plus, depuis plus d’un an, chaque personne détenue signe au moment de son classement en atelier ou à l’occasion d’un changement de poste de travail, un «engagement professionnel». Il s´agit d´un document, également signé par le Directeur du Centre de Détention et l’entreprise concessionnaire, qui contient la plupart des dispositions que l´on peut trouver dans un contrat de travail classique : nature des tâches à exécuter, formation associée, mode de calcul de la rémunération, causes de déclassement de l’emploi, obligations professionnelles (respect des consignes de travail ainsi que des règles d´hygiène et de sécurité.
c) Rémunération des personnes détenues employées
Chaque mois, l´entreprise concessionnaire communique à l´AP le nombre d´heures travaillées ainsi que le taux de rémunération appliqué à chaque personne détenue. Au vu de ces éléments, le régisseur des comptes nominatifs de l´établissement pénitentiaire calcule une rémunération brute et édite une feuille de paye qui sera transmise à la personne détenue.
Dans un premier temps, l´AP répartit sur le compte nominatif de chaque personne détenue la rémunération nette qui lui revient. Lorsque celle-ci excède 200 euros par mois, elle fait l´objet d´un prélèvement d´une part pour indemniser les victimes d´autre part pour constituer un pécule de libération.
C’est l´AP qui reverse à l´URSSAF les cotisations sociales ouvrières et patronales.
Dans un second temps, l´AP facture à chaque entreprise concessionnaire une somme équivalente au total des rémunérations brutes et au montant des charges sociales patronales. Le paiement doit intervenir dans les 30 jours à compter de la fin du mois correspondant au travail facturé.
Le tableau qui suit précise les taux de cotisations en vigueur au 1er janvier 2007.
La rémunération horaire moyenne des personnes détenues travaillant sur la zone industrielle s’élève à 4,65 € brut ; elle est donc supérieure au seuil minimum de rémunération (SMR) fixé à 3,70 € (01/01/2007) par l´Administration centrale et applicable dans tous les établissements pénitentiaires. De même que le SMR est réévalué au 1er janvier de chaque année, en référence à l’évolution du SMIC horaire brut, les taux de rémunération appliqués au Centre de Détention de Muret font l’objet d’une revalorisation annuelle après concertation entre le chef d’établissement et les représentants des entreprises concessionnaires.
En dehors des 3 grands régimes de travail décrits précédemment, les personnes détenues peuvent être autorisées à travailler pour le compte d´associations. Cette disposition du CPP a permis à une personne détenue de concrétiser un projet professionnel dans le secteur de la programmation informatique dans le cadre d´un contrat de concession conclu entre le CD et l´association d´insertion ASELPI. L’originalité du dispositif mis en place repose sur le rôle joué par l’association : celle-ci sert en fait d’intermédiaire entre la personne détenue qui ne peut être liée par aucun contrat de travail et les entreprises extérieures que lui seul a prospectées.
L´association négocie avec chaque entreprise un contrat précisant la nature des travaux demandés et leur coût puis confie la réalisation de ces travaux à la personne détenue. Ce système permet à la personne détenue d´exercer une activité à forte valeur ajoutée (conception ou amélioration de programmes informatiques) sans avoir besoin d’être salariée par l´entreprise qui passe commande.
Article D.103 du Code de procédure pénale
Outre les modalités prévues à l´article D.101-3, le travail est effectué dans les établissements pénitentiaires sous le régime du service général, de la concession de main-d´oeuvre pénale ou dans le cadre d´une convention conclue entre les établissements pénitentiaires et le service de l´emploi pénitentiaire.
Les relations entre l´organisme employeur et la personne détenue sont exclusives de tout contrat de travail ; il est dérogé à cette règle pour les personnes détenues admises au régime de la semi-liberté. Cette règle peut en outre être écartée, conformément à l´article 720, pour les personnes détenues exerçant des activités à l´extérieur des établissements pénitentiaires dans les conditions définies au premier alinéa de l´article 723.
Les conditions de rémunération et d´emploi des personnes détenues qui travaillent sous le régime de la concession ou pour le compte d´associations sont fixées par convention, en référence aux conditions d´emploi à l´extérieur, en tenant compte des spécificités de la production en milieu carcéral.